3 semaines et demi chez les Kiwis !

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Nouvelle-Zélande - Auckland
de Alexandre, le 26-03-2008

3 semaines et demi chez les Kiwis !

Mardi 4 mars 2008 : arrivée à Christchurch
Il fait déjà 23 degrés à 7h du matin et c’est sous le soleil et un ciel bleu que je quitte définitivement Sydney, après 3 passages dans cette grosse métropole australienne en à peine plus d’un mois. Je commence à être habitué à son aéroport international et j’ai l’impression de répéter le même rituel d’enregistrement au même comptoir, avant de repasser par la case douane pour un énième tampon australien sur mon passeport de plus en plus chargé.
9h25 : décollage du Boeing 737 de Qantas à destination de Christchurch en Nouvelle-Zélande, où j’atterris après 2100 kms de vol en 2h30, et magie des fuseaux horaires, il est déjà 14h00, heure locale. Le décalage horaire avec la France est au maximum, avec désormais 12h d’avance.
Première surprise au débarquement : il fait froid avec seulement 14 degrés, du vent et de la grisaille. C’est dur à entendre pour les métropolitains qui subissent l’hiver en France, mais ca fait 5 mois que je vis sous le soleil et 30 degrés chaque jour en Asie comme en Australie puis dernièrement en Nouvelle Calédonie. Donc le choc est saisissant, et pour la première fois depuis le début de mon voyage, je sors d’urgence ma veste et mon pull. Il va falloir que je m’y habitue !
L’accueil à l’aéroport est sympathique et souriant, et comme en Australie le contrôle des nourritures est draconien et les douaniers insistent aussi sur le contrôle du matériel de randonnée comme mes chaussures par exemple, par prudence contre la circulation maladies animales et végétale. Mais cette fois, je n’ai pas le droit à la batterie de questions ni aux contrôles par les chiens que j’avais eu lors de ma première arrivée en Australie.
Comme souvent je n’ai pas réservé grand-chose pour mon séjour dans un nouveau pays à part mes 2 premières nuits d’hôtel. Je fais la tournée des agences de location de voiture dans l’aéroport, et je trouve Maui Bretz qui propose les tarifs les moins chers à 25 dollars NZ (13 euros) par jour. Ma voiture sera disponible que dans 2 jours donc je file prendre un « shuttle bus » (17$NZ) pour rejoindre mon hôtel. Ma première impression sur Christchurch durant le trajet est celle d’une ville très rangée, propre, aérée, calme, au style très britannique, à la population apparemment d’un certain âge.
Une fois mes bagages posés, je file directement au centre ville pour m’imprégner de l’ambiance locale. Beaucoup d’églises, de vieux bâtiments historiques au style colonial britannique, une cathédrale qui est le point central de la ville, et un tramway.
Pour ma première soirée en ville, j’opte pour un dîner simple dans un pub irlandais qui diffuse du rugby sur un écran géant avant de regagner mon hôtel en passant par la case Internet.

Mercredi 5 mars 2008 : balade dans Christchurch
Le ciel bleu remplace la grisaille de la veille, et le soleil réchauffe l’atmosphère avec plus de 20 degrés. Le temps est idéal pour ma visite dans les jardins botaniques, traversés par la rivière sur laquelle des bateliers promènent les touristes sur des gondoles comme à Venise. Les jardins sont très agréables, je m’y pose le temps de bouquiner sur les points à voir dans la ville, puis je pars déjeuner à la terrasse d’un petit resto au bord de la rivière, une belle occasion de profiter des rayons de soleil et d’écrire quelques pages.
Je passe le reste de l’après midi à flâner dans la ville, le nez en l’air pour découvrir les vieux bâtiments aux multiples couleurs, et qui portent encore souvent l’empreinte de leur rôle initial d’entrepôts ou d’ateliers, avec des dates de construction pour la plupart fin XIXème siècle.
La météo change peu à peu et revoici en fin de journée la grisaille et la fraicheur donc la balade touche à sa fin.
Pour l’instant, je croise assez peu de jeunes voyageurs malgré que ce pays soit très fréquenté par les routards la plupart du temps en van ou en camping-car. Contrairement à la vie active dans les autres pays, je sais déjà que je vais parcourir cette étape sera relativement en solo.
Petit bonjour au passage à Guillaume, le 1er français que je croise et à qui je souhaite bon courage pour les prochains mois de travail à l’hôtel et surtout de prendre 1 mois pour visiter ce très beau pays avant de rentrer en France.

Jeudi 6 mars 2008 : première balade en campagne et visite d’Akaora
Je récupère ma voiture et coup de chance, je suis surclassé et on me fournit une berline Mitsubishi (taille d’une 406) automatique avec une bonne radio et la climatisation (qui me servira plus tard). Tant mieux, ca me sera utile pour les 4 à 5000 kilomètres que je vais avaler en 3 semaines. Petit rappel : ici on roule à gauche avec le volant à droite, mais j’ai l’habitude depuis 2 mois, et les feux tricolores sont placés en face de l’autre côté de la voie.
Je pars pour ma première visite, destination la Banks Peninsula avec à son extrémité la ville d’Akaroa à 80 kms de Christchurch. Je découvre les paysages sauvages de la Nouvelle-Zélande, avec des montagnes à pertes de vue, entrecoupées de lacs. Les villages que je traverse sont très petits, juste quelques habitations, ce qui me donne déjà la tendance de ce qui m’attend dans les prochains jours !
Akaora est une petite ville de 600 habitants, où des colons français se sont installés en même temps que les britanniques. Ici on entretient fièrement le passé français, avec par exemple des noms de rues ou des boutiques en français, quelques drapeaux tricolores sur les façades et les propriétaires d’un Bed & Breakfast ont même 2 CV Charleston avec une étonnante plaque PASTIS. So French !
Je regarde aussi quelques joueurs de bowling façon néo-zélandaise et également le cricket, avant de repartir vers Christchurch terminer la journée.

Vendredi 7 mars 2008 : de Christchurch au Mont Cook
Départ matinal direction le sud. La route commence par 100 kms en ligne droite et je longe au loin une chaîne de montagnes aux sommets enneigés. C’est étrange, c’est la première fois depuis le début de mon voyage que je revois de la neige. Je poursuis ma route cette fois à l’intérieur des montagnes, direction le lac Tekapo, une vaste étendue d’eau douce brassée par les vents puissants, et seule la vieille église du Bon Berger bâtie en pierres sert de décor à cet endroit isolé. Après avoir pris quelques photos Je continue direction le lac Pukaki, encore plus beau que Tekapo, car ses eaux turquoises lui donne un charme aux airs de lagons tropicaux qui me rappelle ceux de l’ile des pins en Calédonie. Le mont Cook avec ses sommets enneigés à près de 3800 m d’altitude achèvent le tableau superbe de la nature sauvage et isolée de ce coin de la Nouvelle-Zélande.
Je termine ma journée de balade en solo à Twizel, petit village de 1400 habitants, avec pas grand-chose à faire sur place, si ce n’est se reposer et préparer la journée du lendemain.

Samedi 8 mars 2008 : du Mont Cook à Oamaru
J’opte pour une petite randonnée dans les paysages enneigés. Je longe à nouveau le lac Pukaki dont les couleurs turquoise sous le soleil sont encore plus belles que la veille. Seul souci : le mont Cook au loin semble sous les nuages, chose qui se confirme lors de mon arrivée. Tant pis, la bruine est au rendez-vous aussi mais je me lance sur les chemins de la randonnée, trop attiré par ce que je suis censé découvrir. Le sentier passe entre les montagnes au sommet desquelles les glaciers sont légions, et les multiples cascades qui en découlent déversent à la fois les eaux de pluie et celle de la fonte des glaces.
Je traverse 2 longs ponts suspendus, puis je longe une rivière avant d’arriver au lac Hooker. L’endroit est superbe avec face à moi le glacier Hook qui se termine dans un lac, sur lequel flottent plusieurs gros icebergs, avant de déverser le trop plein dans la rivière en contrebas. Et dire qu’il y a une semaine à peine, je plongeais en masque et tuba dans les eaux transparentes des superbes lagons l’ile des Pins en Nouvelle Calédonie par plus de 30 degrés : la magie du voyage autour du monde qui donne chaque jour la possibilité d’une nouvelle aventure !
Fin de la balade, je repars en voiture direction le sud, et dès que je quitte le Mont Cook, le soleil revient et les 200 kms qui m’amènent vers Oamaru sont une très agréable balade le long des lacs et des collines, toujours avec quelques rares villages traversés.
Oamaru est une petite ville de 13 000 habitants, dont le principal attrait est la colonie de pingouins aux yeux jaunes qui y réside et que je vais visiter, avant de passer la nuit sur place.


Dimanche 9 mars 2008 : de Oamaru à Invercargill en passant par Dunedin et les Catlins
Une longue route s’annonce avec plus de 300 kms à parcourir. Ca commence par de longues plages de sable blond désertes et magnifiques, avec parfois des airs de Bretagne avec les rochers, les falaises et bien sûr le vent.
Ma route le long de la côte Est fait étape à Dunedin, une ville au passé écossais, qui regorge de bâtiments anciens dont la superbe gare, l’icône de la ville. Une petite heure d’escale pour y faire le tour du centre-ville puis je poursuis ma route vers le sud. J’opte pour la route des Catlins, près de 200kms de pure nature entre Dunedin et Invercargill à l’extrême sud du pays.
Les paysages changent à chaque virage, tantôt des collines verdoyantes, puis des falaises abruptes face à la mer déchainée du Pacifique Sud, des plages sauvages, des pâturages envahis de moutons. Question nature et paysages bucoliques, je fais le plein, c’est superbe mais j’avoue que j’aimerais bien croiser un peu plus de monde.
J’arrive bientôt à l’extrême sud de l’ile et en haut d’une des dernières falaises proche d’Invercargill, le vent souffle incroyablement fort et je suis là, au bout du monde avec devant moi les quelques rares dernières petites îles néo-zélandaises avant … le pôle Sud à moins de 5000 kms. Etrange impression surtout quand je regarde où je suis sur la carte du monde, à près de 20000 kms de la France. Le bout du monde, est-ce ici ?
Ma route en solitaire du jour se termine à Invercargill, ville de taille moyenne où je me demande une nouvelle fois comment les habitants font pour vivre toute l’année dans un isolement relatif.

Lundi 10 mars 2008 : de Invercargill à Te Anau
Je remets ma casquette de forçat de la route, et c’est reparti pour 200 kms de route, cette fois pour commencer ma remontée vers le nord, à destination de Te Anau, porte d’entrée du parc national des fjords. Les paysages au fil du chemin sont mystérieux, les arbres ont des formes incroyables, sculptés par la redoutable puissance du vent. Au détour d’une route, je croise un vol d’oies sauvage tout droit sortis d’une scène du film « le peuple migrateur » et qui vient se poser dans un champ. Mes principaux compagnons de voyage restent cependant les milliers de moutons qui sont un des rares signes de vie de la campagne profonde néo-zélandaise. Je suis vraiment en plein contraste avec la trépidante vie asiatique que j’ai tant apprécié ces derniers mois, et dont les très bons souvenirs viennent régulièrement m’occuper l’esprit tout au long de cette longue route.
J’arrive à Te Anau, encore une ville grouillante d’activité avec … 2000 habitants et dont le succès touristique est du au seul fait que c’est la ville la plus proche des fjords et de la mythique randonnée du Milford Sound.
Le temps de prendre une chambre rudimentaire dans un hôtel pour backpackers et de réserver ma croisière (à 78$NZ) dans les fjords pour le lendemain matin, je pars ensuite seul faire une longue balade toute l’après-midi sous le soleil dans les sentiers de la foret autour du lac. Comme toujours, c’est calme et relaxant au milieu des fougères ! Décidemment, l’étape néo-zélandaise est exclusivement nature ! Je fais la connaissance de la spécialité locale : les sandflies (traduction littérale : les mouche des sables), encore plus pénibles que les mouches du désert d’Australie puisque la version néo-zélandaise pique comme les moustiques et qu’elles ont décidé de faire de mes bras leur festin du jour. Résultat : une batterie de boutons qui bien sûr démangent bien!

Mardi 11 mars 2008 : de Te Anau à Queenstown en passant par le fjord Milford Sound
Réveil très matinal après une courte nuit, l’esprit très occupé par un triste évènement personnel en France, je roule vers les fjords pour 120 kms de bon matin sous la pluie et les nuages bas. La journée est tristement grise, gâchant la beauté des sites que je croise. Tout au long de la route du Milford Sound qui finira au terminal du ferry, les montagnes regorgent de cascades plus hautes les une que les autres, un vrai festival d’eau dans le décor du Seigneur des Anneaux ! Superbe mais quel dommage que la pluie se soit invitée ce matin.
La croisière dans les fjords est maintenue malgré la tempête qui souffle puissamment dans les couloirs formés par les montagnes. Le capitaine annonce même des rafales de 83 nœuds dans le couloir entre 2 montagnes, et ca se voit dehors puisque la mer « fume ». Les parois des falaises sont recouvertes de veines blanches créées par les pluies ruisselantes, certaines cascades sont tellement pleines qu’un nuage de vapeur d’eau s’en dégagent. C’est vraiment magique !
Les 2h30 de croisière seraient un pur bonheur par temps ensoleillé … Ce qui est frustrant, c’est qu’une fois la croisière finie, je reprends la route direction Queenstown, et au fur et à mesure des kilomètres, le ciel bleu ensoleillé remplace peu à peu les nuages pluvieux. Un peu rageant !
Ma route en solitaire traverse toujours autant de paysages désertiques alternant les montagnes tantôt recouvertes de forêts de sapins tantôt habillées d’herbes brunes arides. J’atteins en fin d’après-midi le lac Wakatipu dont les très vives couleurs bleues de l’eau annoncent l’arrivée à Queenstown, une ville réputée pour ses sports de plein air, avec une prédilection pour les sports extrêmes pour ceux qui veulent faire le plein d’adrénaline.
Vu la popularité de l’endroit, j’ai pris la précaution de réserver 2 nuits, ce qui me permet de m’installer très vite, puis de partir découvrir cette ville animée par 8000 habitants, avec enfin du monde dans les rues. En hiver, c’est aussi une station de ski. Il y a le choix dans les activités mais comme j’adore les paysages du coin, j’opte pour la réservation d’une balade à cheval pendant 3h pour le lendemain, au cœur des paysages de montagnes.
Puis fin de journée tranquille à me balader en ville, puis repos après cette journée très chargée.

Mercredi 12 mars 2008 : à Queenstown
Le soleil brille au milieu d’un ciel bleu, il doit faire 23 degrés dès la fin de matinée et je pars prendre la télécabine Skyline Gondola qui mène au point de vue en haut de la montagne qui domine Queenstown. On est en mars, l’été touche à sa fin en Nouvelle-Zélande et la télécabine que j’emprunte me rappelle que c’est la pleine saison du ski en France, mais mon envie de surfer sur les pentes enneigées des Alpes devra attendre l’année prochaine. Une petite pensée à mes amis nordistes en France qui sont sur le départ pour une semaine de glisse intense : profitez-en bien car je vais prochainement chausser … les tongs en Polynésie française !
Arrivé au sommet, la vue est superbe et surplombe toute la ville ainsi que le lac Wakatipu dont les couleurs sont encore plus belles vues d’en haut. La fraicheur de la brise me rappelle qu’on est en montagne, malgré les températures douces de la ville à quelques centaines de mètres en contrebas dans la vallée.
Comme je ne peux pas glisser su la neige, je teste la luge d’été sur piste en béton : très sympa car les sensations de vitesse sont grisantes mais trop courtes puisque 2 minutes plus tard je dois déjà reprendre le télésiège pour remonter faire une ultime glissade.
Je redescends ensuite vers la ville, j’y reprends la voiture avant de filer vers le village de Glenorchy où se trouve le haras pour mon après-midi d’équitation. La route longe le lac, elle est belle et dévoile progressivement au loin les paysages de la Paradize Valley et ses sommets enneigés.
Le groupe pour cet après midi est idéal avec seulement 5 personnes, ce qui facilite la communication et permet de faire plus de choses. Je fais connaissance avec Bert, un superbe cheval à la robe brune pour cette balade. Petite subtilité, comme on est en Nouvelle-Zélande, on pratique ici « l’English style » pour l’équitation, c’est à dire des selles plus petites et sans pommeau pour se tenir. Moi qui aie plutôt pratiqué le « western style », ca va me changer puisque j’aurais besoin d’un peu plus de temps pour trouver mon équilibre lors des galops.
La balade traverse les rivières, les forets, on commence par quelques trots puis les galops dans le cadre superbe des montagnes, et sous des températures estivales. Un bel après-midi au calme dans la nature, qui se terminera par une petite soirée sur Internet pour étudier la suite du parcours dans le pays et réserver mes chambres des nuits suivantes. Malheureusement je dois toujours prévoir à l’avance depuis que je suis en Océanie, alors que l’Asie était beaucoup plus simple pour trouver un logement à un prix abordable, et si on veut éviter la promiscuité des dortoirs de routards façon colonie de vacances.


Jeudi 13 mars 2008 : de Queenstown à Franz Josef glacier
L’étape la plus longue de mon séjour dans l’ile du sud car je pars pour 6h de voiture pour parcourir plus de 400 kms de routes désertes et sinueuses au milieu des montagnes et des forêts. Certes, je commence à avoir l’habitude de ces trajets mais c’est parfois long. Comme d’habitude, les seuls voyageurs que je croise sur les routes sont les camping-cars et vans de routards qui partagent le même gout des kilomètres de route à avaler pour visiter ce pays.
Une nouvelle fois, les paysages restent superbes, alternant entre lacs immenses et montagnes autours desquelles s’enroulent des colliers de nuages. Quelques cascades et rivières agrémentent le décor, et j’atteins enfin le bord de mer après 4h de route et une seule ville croisée, Wanaka, qui se veut la rivale de Queenstown pour les activités sportives extrêmes.
La route de la côte Ouest se faufile entre la mer et la forêt tropicale, et me mène à la région des glaciers, que j’atteins en fin de journée. Le ciel est malheureusement assez nuageux mais je peux tout de même commencer par visiter le glacier Fox. Etonnante situation pour ce premier glacier, qui se termine à seulement 200m d’altitude et à une dizaine de kilomètre des plages de la mer de Tasmanie, alors qu’il fait à peine plus de 10 degrés à l’instant où j’arrive. La surface basse du glacier reste relativement blanche, et les glaces qui fondent se déversent dans une rivière qui finira sa course en mer. L’originalité du site est que le glacier glisse entre les parois de montagnes recouvertes de forêt tropicale avec ses lianes et ses fougères. Un contraste assez atypique !
J’enchaine 25 kms plus loin avec le glacier Franz Josef, qui est dans le même style, également entouré de forêt. Le site est impressionnant, avec en face du front glacé une zone énorme remplie de pierres rappelle qu’il y a à peine 80 ans, c’est la glace et un petit lac qui occupait cet espace désormais caillouteux. L’impact de la fonte des glaces est encore plus éloquent quand je vois le panneau de la position du glacier en 1750 … à plusieurs centaines de mètres de son emplacement actuel.
Les 2 glaciers valent vraiment la peine de parcourir cette longue distance sur la côte où il n’y a franchement pas grand monde qui vie. Pour preuve, le village de Franz Josef où je vais passer la nuit ne compte que 300 habitants permanent. Je dors dans une auberge de jeunesse YHA, un lieu sympa où chacun fait sa cuisine et partage le grand salon, l’occasion de pouvoir enfin discuter avec du monde.
Cette journée de l’autre côté de la planète s’achève et toutes mes pensées vont à cet instant vers la France, où j’aurais exceptionnellement souhaité être aujourd’hui auprès de mes proches.

Vendredi 14 mars 2008 : de Franz Josef glacier à Wesport
Décidément le soleil absent la veille décide de revenir me taquiner et éclairer les glaciers que j’ai vus la veille dans la grisaille. Tant pis pour les photos, l’essentiel était dans la belle sensation d’être si proche de la glace.
9h30 : je prends la route vers le nord cette fois pour 300 kms vers Wesport, une grande ville de 6 000 habitants où je passerai la soirée. En chemin, je visite Hokitika et ses vieilles bâtisses en bois datant de la période de la ruée vers l’or. Leur rôle a bien changé aujourd’hui puisqu’elles abritent des restaurants et divers commerces.
Sur les routes, je croise très souvent des voitures de collection très anciennes, probablement des années 20 ou 30, de vieilles Ford, Rolls Royce, et bien d’autres. Beaucoup d’amateurs de ces vieilles cylindrées semblent parcourir les routes du pays, une autre sorte de routards !
Ma seconde escale du jour sera les Pancakes Rocks de Punakaiki, des rochers dont la structure ressemble à des tranches de roche empilées comme des crêpes, très étonnant à voir, ce qui en fait un lieu touristique incontournable dans le secteur.
Toute la côte entre Greymouth et Wesport est magnifique, la route surplombe la mer et chaque virage dévoile des falaises abruptes faisant face à des rochers isolés en bord de mer sur lesquels viennent se fracasser les énormes vagues de la mer de Tasmanie.
15h00 : j’arrive à Wesport, où la rue principale héberge les seules boutiques essentiellement des magasins d’alimentation, de services et quelques restaurants. Décidément, il faut une motivation certaine pour vivre ici toute l’année !
Je pose mes affaires à l’hôtel puis direction le Cap Fouldwind ou réside une colonie de phoques à fourrure, un animal très populaire dans le pays aussi appelé le « kekeno » en langue maori. Du haut d’une falaise d’une vingtaine de mètres, je peux profiter du spectacle des phoques, dont certains se dorent au soleil tandis que d’autres s’ébattent dans les vagues. Il doit y en avoir une bonne quarantaine de tous les gabarits qui assurent le show.
Je profite ensuite du coucher de soleil sur la tranquillité des plages avant d’enchainer sur une nouvelle soirée Internet à réserver mes 4 prochaines nuits d’hôtel ainsi que mon ferry pour passer vers l’ile du Nord le 18 mars. 2 compagnies assurent la traversée en 3h : Bluebridge et Interislander, que je choisi pour son tarif spécial internet très attractif à 128$NZ pour 1 voiture et 1 passager.

Samedi 15 mars 2008 : de Wesport à Nelson
9h30, 16dg sous le soleil : démarrage de la énième journée de voiture pour parcourir les 230 kms qui me séparent de Nelson à l’extrême nord de l’ile du Sud. La route reprend l’intérieur des terres, et traverse cette fois les Buller Gorges, une sorte de long canyon au milieu duquel coule une rivière. La route prend des airs de notre Ardèche française. Je marque une pause dans un petit site où qui me donne l’occasion de traverser les gorges sur un pont suspendu long de 115m, étonnante sensation surtout quand on est en plein milieu et que ca bouge bien. Si vous êtes sujets aux vertiges, vous serez servis !
Reprise de la route et arrivée à Nelson en début d’après-midi. Je dépose mes affaires pour 3 nuits, puis je pars faire une longue pause à la plage, puisque cette région aux portes du parc national Abel Tasman est célèbre pour abriter les plus belles plages du pays, avec du sable blond et une eau à la température plutôt agréable. Je profite avec précaution du soleil, particulièrement puissant dans cette région du globe puisqu’on n’est pas très loin du fameux trou dans la couche d’ozone.
Fin de journée à visiter cette ville de 50 000 habitants, il y a un peu de monde mais ce n’est pas non plus la folie dans les rues à part une ou deux terrasses légèrement fréquentée. Décidément, le mode de vie local est vraiment opposé des grouillantes villes asiatiques, pour lesquelles je conserve une nouvelle fois une préférence et un souvenir nostalgique.

Dimanche 16 mars 2008 : à Nelson, dans le parc Abel Tasman
Une nouvelle belle journée s’annonce sur cette région au climat réputé l’un des plus ensoleillés de Nouvelle-Zélande.
Au programme du jour : une balade dans les sentiers de randonnée du Parc National Abel Tasman, à quelques 50 kilomètres au nord ouest de Nelson. La route longe la Tasman bay, et je bifurque vers Kaiteriteri où j’enchaine une petite route de lacets au dessus des eaux calmes et cristallines de la baie.
La voiture posée avec grand plaisir pour la journée, je profite de plusieurs kilomètres de marche sur le sentier côtier. L’ensemble de la randonnée prendrait 4 jours mais je vais me contenter de quelques heures de plaisir le long de la mer. Les plages désertes de sable blond se dévoilent peu à peu à travers les feuillages de pins, et le soleil intensifie la couleur verte des eaux qui baignent les rochers.
Je descend sur Appeltree beach profiter d’une pause déjeuner et d’une bonne heure de repos au soleil sur la plage. Pour une fois, un programme loin des longues heures quotidiennes de voiture, dont je sais que d’autres m’attendent dans les prochains jours. La journée avance et je prends tranquillement la marche sur le chemin du retour. Une bien belle journée de balade, mais toujours aussi calme au niveau des rencontres de voyageurs. Le voyage néo-zélandais est vraiment en solo, donc je pense que je vais me planifier plusieurs jours dans la vivante Auckland histoire de pouvoir échanger avec d’autres personnes mes impressions sur le pays!

Lundi 17 mars 2008 : sur les plages de Nelson
Décidément le soleil a la bonne idée de jouer les prolongations, donc je m’accorde une journée supplémentaire de repos à la plage, histoire d’étudier et organiser plus précisément le parcours de mes 10 prochaines journées de voyages dans l’ile du Nord.
Les 3 jours de détente passés à Nelson m’auront fait du bien, et même s’il reste encore 10j dans ce beau pays, je pense déjà à l’organisation des étapes suivantes en Polynésie puis à l’ile de Pâques, dernière escale avant d’aborder la 3ème partie du périple : l’Amérique du Sud à commencer par le Chili.
Déjà 5 mois et demi que je suis parti, et je suis à plus de la moitié de mon voyage autour du monde. Tout va toujours aussi bien et je n’ai eu aucun souci majeur à ce jour, donc l’aventure continue. Je songe souvent à mes premiers mois d’aventure, aux charmes des premières découvertes asiatiques, à cette liberté que j’ai peu à peu apprivoisée, à l’assurance que j’ai acquise avec ce mode de voyage nomade où l’imprévu et la découverte sont les maîtres mots. C’est à chaque fois avec un grand plaisir et beaucoup de curiosité que je fais mes premiers pas dans un nouveau pays, d’abord à tâtons avec mes cinq sens grands ouverts pour m’imprégner de l’atmosphère et du mode de vie, puis en y évoluant avec de plus en plus d’aisance avant de le quitter quelques semaines plus tard avec la plupart du temps avec l’envie d’y revenir, parfois plus vite que prévu comme ce fut le cas pour mon 2ème séjour consécutif à Bali. Une année sabbatique pour faire un Tour du Monde, ca laisse aussi de la souplesse pour adapter son programme de voyage.
Plus que jamais, je n’ai aucun regret d’avoir fait ce choix d’un Tour du Monde, une parenthèse de vie pour laquelle la décision a mis du temps à mûrir mais qui se concrétise aujourd’hui, et au regard des riches expériences et émotions que j’ai vécues, restera gravée dans ma mémoire. Je ne peux que conseiller à tout ceux qui sont actuellement en phase de réflexion de se lancer dans cette aventure, tout en prenant le temps et la précaution de bien préparer le voyage et dans la mesure du possible le retour, moment autrement plus délicat, en particulier sur le plan psychologique.


Mardi 18 mars 2008 : de Nelson à Wellington
Fin de mes 2 semaines de voyage dans l’île du Sud également surnommée « l’ile de Jade », le compteur de ma Mitsubishi Lancer affiche déjà plus de 3500 kms parcourus jusqu’à l’embarcadère de Picton, où je prends le ferry Interislander à 13h15 pour toucher les côtes de l’Ile du Nord, aussi dite l’île Fumante, 3h30 plus tard, et débarquer à Wellington.
Il fait très chaud aujourd’hui, et je vais profiter de cette croisière depuis les sièges de la terrasse panoramique du pont supérieur du bateau. Le ferry débute sa traversée sur le bras de mer qui longe le Queen Charlotte Sound, un ensemble de montagnes recouvertes de forets tropicales qui se terminent presque dans la mer, laissant de temps à autres entrevoir quelques criques de sable gris, ou des falaises abruptes. Après une heure de navigation au travers de ce superbe décor aux airs de fjords sauvages, les dernières très hautes falaises accompagnées d’un chapelet de rochers clairsemés annoncent la fin de l’île du Sud, et alors que le navire s’apprête à traverser le détroit de Cook, les falaises des montagnes de l’île du Nord se dressent déjà au loin, rappelant la faible distance entre les 2 îles.
La mer est très calme, et la musique sur les oreilles, je profite amplement des rayons du soleil qui me chauffent le visage, et là je me dis que le stress de la vie quotidienne en France est vraiment très loin ! Pour l’arrivée dans la baie de Wellington, un inattendu et magnifique comité d’accueil nous souhaite la bienvenue : plusieurs dizaines de dauphins nagent a toute allure, et la clarté des eaux vues depuis le haut du bateau me permet de les voir évoluer sous l’eau puis d’être réjouir de leurs impressionnants sauts. On ne pouvait espérer mieux pour finir la croisière, et confirmer la beauté tant naturelle qu’animale de la Nouvelle-Zélande.
17h : je débarque à Wellington, grande ville de plus de 300 000 habitants et capitale de la Nouvelle-Zélande. Quelques buildings, des quartiers d’affaires qui se vident dès 18h, d’immenses jardins botaniques et une vie citadine qui s’anime autour d’un centre ville que je parcours relativement vite, avec principalement les rues de Cuba Street et Courtenay Place.
La mode gothique semble avoir ses adeptes ici (probablement en raison du concert de heavy metal de la veille pour la Saint Patrick) puisque de nombreux jeunes aux looks noirs excentriques s’affichent dans les rues, aux côtés des skate-boardeurs et leur casquette vissée sur la tête. Eclectique !
Comme j’ai l’intention de privilégier ma fin de séjour dans la dynamique ville d’Auckland, je fais un saut dans le cybercafé le plus proche et le moins cher, que je trouve comme toujours chez les infatigables et courageux asiatiques. Je boucle ainsi toutes mes prochaines nuits tant dans le centre de l’ile pour les randonnées que pour 4 nuits dans la vie cool d’Auckland, ma prochaine porte de sortie de ce pays.

Mercredi 19 mars 2008 : de Wellington à Turangi
Ce qui s’annonce comme ma route la plus longue de ces 10 derniers jours démarre de Wellington pour s’achever dans le centre de l’ile, à Turangi porte d’entrée du Tongariro National Park et ses volcans.
Près de 400 kms qui débutent par une très longue et ennuyeuse route SH1 où il n’y a pas grand chose d’intéressant à voir dans les nombreuses petites villes traversées. Je retrouve la campagne pure et dure près de 300 kms plus loin et les paysages de collines deviennent alors de plus en plus arides, avec un étonnant canyon le long duquel coule une rivière.
La partie finale de cette longue route sera la bien nommée « Desert Road », 50 kms de bitume entre d’un côté les 3 volcans de 2000m du parc Tongariro et de l’autre une vaste plaine aride, aux paysages parfois lunaires avec du sable et où la seule végétation sont les tussocks, une sorte de grosses touffes d’herbes dont la couleur varie du jaune au rouge fushia.
Ma destination finale du jour, Turangi, est une petite ville de 5000 habitants, capitale de la pêche à la truite, où mon agréable chambre d’hôtel en pleine nature fait face aux montagnes du parc national. Comme la région est volcanique, et cela se voit par des fumerolles sur les parois de certains volcans, les sols ont une activité géothermique propice au développement des sources thermales d’eau chaude. Je décide donc d’aller tester ces fameuses piscines au village voisin de Tokaanu, et je profite d’un relaxant bain d’eau minérale aux vertus thérapeutiques entre 39 et 41 degrés, où on ne peut rester que 20 minutes maximum, et franchement c’est dur de tenir plus longtemps. Autour des thermes, on peut observer des filets de vapeur s’échapper des sols, et sentir une odeur assez acre de souffre accompagner le bruit des poches d’eau en ébullition.
Je vais surement revoir souvent ces manifestations volcaniques demain puisque j’opte pour le Tongariro Crossing Track, une randonnée d’une journée entre les volcans. Un beau programme puisque ce sera apparemment sous le soleil.

Jeudi 20 mars 2008 : le Tongariro Crossing à Turangi
6h00 : réveil matinal pour une longue balade à travers le parc national des volcans qui promet des paysages superbes. Le temps s’annonce idéal pour cette découverte pédestre puisque le ciel est complètement bleu et la température avoisine les 15 degrés. Une navette obligatoire (35$NZ) passe le matin chercher les randonneurs dans Turangi et Taupo. Cette randonnée étant très populaire, on est une bonne centaine à démarrer en même temps mais déjà au bout de quelques minutes, les groupes se disséminent le long du chemin, laissant à chacun la tranquillité d’apprécier le paysage. L’humidité de la rosée matinal offre un spectacle étonnant avec au milieu de la végétation pleine de tussocks des dizaines de toiles d’araignées éclairées par les rayons du soleil. Au-delà de la végétation qui longe le sentier, le paysage se transforme en d’immenses champs de lave durcie, avec d’un côté le Mont Ruapehu sur lequel on voit encore des zones enneigées et de l’autre la silhouette parfaite du volcan Ngauruhoe vers lequel je m’avance.
Le chemin devient pour une heure un peu plus abrupt avec 900m de dénivelé assez raide, au milieu de la rocaille brune, sans la moindre végétation. Le long du chemin, les nuages coincés plus bas de l’autre côté de la vallée ressemblent à un large matelas de coton, comme on les voit habituellement depuis les hublots d’avion, tandis que devant moi le sentier continue sa progression vers un ciel très bleu.
Après quelques derniers efforts, j’atteins le point le plus élevé de cette randonnée, et là l’instant est magique : je suis face au plus beau des 3 volcans, au milieu d’un désert aride de pierre, le décor est lunaire et silencieux, avec une sensation d’être au milieu de nulle part, sur une terre inconnue. Ce décor de fin du monde me rappelle ceux que j’ai pu voir dans les étonnants paysages volcaniques de Lanzarote aux Canaries, l’ile aux 300 volcans. Le sommet du volcan laisse apparaître clairement les zones de coulée de lave, et la terre y est encore plus rouge qu’ailleurs. De l’autre côté, quelques lacs d’eau acide offrent une touche de couleur turquoise exotique dans ce décor, mais mieux vaut surement éviter d’y plonger la main quand on voit les fumerolles à l’odeur acre qui se dégagent des abords du lac.
Après une longue pause déjeuner pour apprécier la beauté époustouflante du site, la randonnée poursuit son chemin quelques heures en descendant sur le versant du très ancien volcan Tongariro qui a donné son nom à cet immanquable parc national de Nouvelle Zélande. Le sentier traverse cette fois beaucoup plus de végétation, avec au passage une étonnante zone de petit cratères desquelles s’échappent encore de larges masse de fumée blanche à l’odeur toujours aussi âcre.
Cette balade de 8h de marche dans ce décor unique et magique reflète une nouvelle fois toute la beauté contrastée des la Nouvelle-Zélande et restera l’un de mes moments favoris de cette étape.

Vendredi 21 mars 2008 : de Turangi à Rotorua via Taupo
Le week-end de Pâques débute sous le soleil et les habitants de Nouvelle-Zélande ont la chance de bénéficier de 4 jours de vacances, au lieu des 3 jours de repos que la plupart des autres pays dont la France ont généralement. Pâques semble être un évènement très fêté ici et s’affiche partout dans les rues comme sur les ondes des radios ou de la TV, tant pour la célébration religieuse que pour des prétextes purement commerciaux et marketing.
Je prends la route pour 120 kms vers Rotorua, le cœur touristique de la zone volcanique du nord de la Nouvelle Zélande. En chemin, je marque une première pause dans la ville de Taupo, qui longe et donne son nom au plus grand lac de Nouvelle-Zélande. Je prends le temps d’une petite balade à pied sur le bord du lac juste à l’entrée de la ville. Beaucoup de locaux viennent y faire leur jogging, leur balade familiale, ou encore partent en balade en kayak ou à la pêche sur ce lac immense qui semble être le point de rendez vous des amoureux de la nature. Beaucoup de maisons à l’architecture très design ont leur jardin qui se termine presque dans le lac, on peut imaginer la douceur de vivre dont bénéficient les gens installés ici.
La plupart des gens que j’ai croisés durant cette étape ont un accueil extrêmement aimable et convivial, le sourire et la décontraction semblent aller de soi chez tous les habitants, dans l’île du Sud comme celle du Nord.
Quelques kilomètres après Taupo, les chutes Huka Falls sont un des endroits à ne pas manquer. Le site est vraiment superbe : la lenteur du débit et la faible profondeur des eaux de la rivière lui donne une étonnante transparence. Puis en quelques mètres, le débit de la rivière s’accélère dans un rocheux avant d’en sortir en une superbe cascade haute de 7 mètres.
Je poursuis ma route vers un site volcanique : les cratères de la lune (entrée 5$NZ). L’endroit est étonnant : l’odeur acre de souffre accompagne les dizaines de fumerolles qui s’échappent des nombreux cratères au sol, certains d’entre eux laissent également apparaître des boues bouillonnantes, d’autres émettent un vrombissement permanent.
Fin de journée, j’atteins Rotorua, une grande ville de 50 000 habitants, capitale de la région volcanique du l’Ile du Nord de la Nouvelle-Zélande. L’endroit est assez touristique et tout s’animent autour du grand lac dont les rives offrent les mêmes petits cratères volcaniques, précédemment rencontrés dans le site des cratères de la lune. Toute la ville est une nouvelle fois submergée par cette omniprésente odeur de souffre, et de nombreux établissements thermaux et spas constituent une des principales attractions touristiques du lieu.

Samedi 22 mars 2008 : à Rotorua
Comme je suis dans la région volcanique, je passe l’après-midi à visiter le parc de Wai-Tai-Pu (entrée 24$NZ) à 30 kilomètres de Rotorua. Cet endroit est encore plus étonnant que les cratères de la lune. On y trouve encore les fumerolles de vapeur et de gaz, les cratères aux couleurs jaune de souffre mais aussi toutes les autres couleurs de minéraux. L’endroit le plus impressionnant est la « piscine de champagne », un étrange lac volcanique dont l’eau acide est en permanence à 76 degrés, et au dessus duquel flotte un brouillard à l’odeur acre.

Dimanche 23 mars 2008 : à Tauranga
Beaucoup de soleil en ce dimanche de Pâques, je ralentis le rythme de mes heures de voiture quotidiennes pour juste parcourir 80 kilomètres, direction la Baie de Plenty et plus précisément la région de Tauranga. Ici les plages sont immenses avec quelques petites dunes propices à la journée tranquille que je passerai à étudier le programme de ma dernière étape : Auckland.

Lundi 24 mars 2008 : de Rotorua à Auckland
Dernière ligne droite en voiture pour parcourir les 240 kms qui séparent Rotorua d’Auckland.
Arrivée à Auckland, je prends possession de la chambre que j’ai réservé à très bon prix chez Oaks on Hobson en plein centre ville, qui s’avèrera être un studio très confortable et hyper bien équipé, une de mes plus belles chambres depuis le début de mon Tour du Monde, et l’idéal pour passer mes 4 derniers jours dans le pays.
Auckland et sa grande agglomération regroupe plus de 1,2 millions d’habitants, soit l’endroit le plus habité de la Nouvelle-Zélande et ses 4 millions de kiwis. Ca fait aussi du bien de voir un peu de monde après les 15j de pure nature dans l’Ile du Sud.
Je démarre la ballade dans la ville, à commencer par la Sky Tower, la fameuse tour symbole de la Nouvelle-Zélande haute de 328m, avant de partir flâner dans le quartier de la Marina et de profiter du coucher de soleil depuis une terrasse face à la légendaire baie d’Auckland, où les nombreux voiliers qui y naviguent donne à la ville le surnom de « City of Sails » (la cité des Voiles).

Mardi 25 mars 2008 : à Auckland
Balade dans la banlieue balnéaire d’Auckland : Devenport. Cette petite ville offre un super point de vue sur toute la baie d’Auckland. Ses vieilles maisons en bois aux couleurs pastel et entourées de verdure offrent un cadre de vie très agréable, à quelques minutes en ferry du centre d’Auckland.

Mercredi 26 mars 2008 : à Auckland
Programme de la journée : mon baptême en voilier avec Sail NZ. L’endroit est idéal : la baie d’Auckland, et pour le bateau : un des 2 voiliers NZL 40 et 41 qui ont servi de bateaux d’entrainement pour l’America’s Cup il y a quelques années. Le principe de cette découverte est de faire participer les touristes moussaillons aux manœuvres de l’équipage et d’avoir un aperçu des principes de navigation, dans le cadre d’une petite course entre les 2 bateaux. Etonnantes sensations quand le bateau commence à s’incliner progressivement en prenant de plus en plus de vitesse. J’aurais ensuite l’occasion de prendre quelques instants la barre, le temps de me rendre compte de la réactivité du bateau au moindre mouvement de barre. Au final, 3H de découverte qui seront un pur bonheur avec pour décor en arrière plan toute la ville dominée par sa Sky Tower.

Jeudi 27 mars 2008 : à Auckland
Journée tranquille de ballade à pied pour découvrir les parcs, les rues commerçantes avec pour cœur la fameuse Queen Street, puis les quartiers typiques de Parnell aux maisons datant du début XIXème. Le séjour touche à sa fin et je profite de cette dernière soirée pour faire ma 1ere séance ciné depuis le début du voyage.

Vendredi 28 mars 2008 : départ d’Auckland vers Tahiti
C’est le grand jour, après 24 jours de voyage et plus de 4700 kms à travers ce fabuleux pays, il est temps de poursuivre mon voyage vers une destination plus exotique : la Polynésie Française.
Je quitte la Nouvelle-Zélande avec l’envie d’y revenir puisqu’il me reste encore beaucoup d’endroits à y découvrir, et que j’ai vraiment été charmé par le pays. On a souvent tendance à avoir envie de visiter l’Australie en premier et peut-être ensuite la Nouvelle-Zélande, mais si vous avez un choix à faire, venez visiter le pays des kiwis, riche en paysages contrastés et dont les distances sont nettement plus faciles à gérer que l’Australie.

Ce que j’ai aimé en Nouvelle Zélande :
-la richesse contrastée des paysages
-la gentillesse et la courtoisie des gens
-l’atmosphère très british des villes et de l’accent des habitants
-le dynamisme d’Auckland et de Queenstown
-la beauté du Milford Sound, le Tongariro Crossing, les montagnes et les côtes
-la diversité des activités à faire
-un cout de la vie moins élevé que chez le voisin australien

Ce que j’ai moins aimé en Nouvelle-Zélande :
-avoir voyagé en solo pendant toute cette étape
-les trajets parfois un peu longs dans l’ile du sud






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