10j dans des lagons de reve

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Polynésie française - Moorea
de Alexandre, le 07-04-2008

10j dans des lagons de reve

Vendredi 28 mars 2008 : d’Auckland à Papeete
Apres 3 semaines et demi de balade dans la nature néo-zélandaise, me revoici en route avec ma maison sur le dos, direction Tahiti et la Polynésie française, à plus de 4000 kms d’Auckland. Une destination qui fait rêver les plupart des métropolitains et qu’on associe souvent avec lune de miel et paradis sur terre. Ces quelques jours, et cette fois j’utiliserai le mot de vacances, sur ces îles lointaines commencent dès l’aéroport d’Auckland, puisque j’embarque dans un Boeing d’Air Tahiti Nui dont le nom « Bora Bora » sur la carlingue fait déjà rêver de lagons turquoises.
A bord, on est accueilli sur fond de musique polynésienne par les hôtesses qui portent des robes tahitiennes fleuries et colorées, puis distribuent à chacun la très odorante fleur blanche de tiare, le symbole de Tahiti.

Après près de 5h de vol, j’arrive à l’aéroport de Faa’a où l’atmosphère est résolument tournée vers les vacances et la convivialité de l’accueil polynésien avec des joueurs de yukulélé qui accompagnent les femmes distribuant de nouvelles fleurs fraiches de Tiare. Cette fleur se porte derrière l’oreille tant par les hommes que par les femmes. On la porte à l’oreille gauche quand on est marié ou en couple, tandis que les célibataires la portent à l’oreille droite.

Comme lorsque je suis arrivé en Nouvelle-Calédonie, c’est toujours aussi agréable de retrouver ici quelques repères métropolitains dans ce morceau de France du bout du monde, notamment la langue. Ici on vous accueille par un « Iaorana » souriant avant de poursuivre en français, puis on roule les « r » des mots, avant de vous dire au revoir par un « nana ». Tout ce la donne un délicat parfum d’exotisme à la langue de Molière.

Mon vol d’Auckland à Papeete est aussi l’occasion de tester la machine à voyager dans le temps ! Je suis parti le vendredi 28 mars à 15h d’Auckland pour atterrir à Papeete le …jeudi 27 mars à 21h ! De quoi perdre le fil du temps ! La raison : tout simplement le passage de la ligne internationale de changement de date, une expérience étonnante qui me fait revivre 2 fois le vendredi 28 mars, à 2 endroits différents de la planète.

Donc au programme de ce nouveau vendredi 28 mars, je revois Laurence, une amie rencontrée quelques semaines plus tôt à Bali et qui vit ici avec toute sa petite famille. L’occasion de me faire visiter le centre ville plutôt animé de Papeete, avant d’embarquer une un bateau d’Aremeti Ferry (prix : 900 CFP). qui m’emmènera sur Moorea, l’ile sœur de Tahiti située à 17 kms en face. Petite précision : si Tahiti est le nom qui parle le plus aux métropolitains, les décors de rêve se situent en réalité dans la plupart des iles voisines qui constituent les archipels de la Polynésie française.

La traversée dure seulement 30 minutes, Moorea se dresse droit devant, avec sa couronne de nuages qui encercle ses sommets, donnant à l’ile un de ses airs mystérieux comme on les imagine dans les films d’aventure. A l’approche des côtes, Mooréa annonce déjà sa couleur ou plus exactement celle de ses lagons : bleu turquoise. Je suis bien en Polynésie et cela ne fait que commencer. J’embarque dans un des bus locaux qui font le tour de l’ile (pour 300 CFP) et vous dépose où vous voulez, il suffit de demander au chauffeur. Précision pour ceux qui auront la chance d’aller fouler le sol de Mooréa, les bus ont des horaires très flexibles, tout dépend de l’humeur du chauffeur !
Tout au long des 45 minutes de bus qui me séparent du village de Haapiti où je séjournerai, la côte dévoile ses lagons superbes, aux couleurs incroyables, avec des plages de sable blanc et les inévitables cocotiers. Le programme s’annonce très agréable.

Arrivé au Tapu Lodge, accueil très décontracté de Lise qui me fait découvrir un sympathique petit bungalow, donnant pile en face du lagon. Que demander de mieux pour se réveiller le matin !Le temps de poser mes affaires, j’enfourche le vélo prêté par les propriétaires pour aller assister à mon premier coucher de soleil, sur la très jolie plage du Camping Nelson. Le ciel prend une couleur orange vive, très beau moment, que je viendrai vivre ici chaque prochain soir.

Je fais la connaissance de 2 jeunes français venus tenter l’aventure exotique ici pour travailler quelque temps. Bon courage car la vie est très chère. Quelques locaux de Moorea partagent la discussion et nous invitent à prendre à une balade le soir même. Belle occasion de rencontrer du monde, sauf qu’on est vendredi soir et que je ne connais pas encore les habitudes locales. Comme la vie nocturne de Mooréa est relativement inexistante, la balade en voiture au Belvédère à 240m d’altitude pour admirer les étoiles et les 2 baies est certes très agréable. Par contre, le retour le sera beaucoup moins puisque les week-end on fait des rallyes sur les routes et notre chauffeur a décidé de pousser à fond la seconde et prendre des virages à la limite du ravin, ce qui lui vaudra une belle fumée venant de son moteur qui finira sûrement par lâcher sous peu. Complètement idiot mais ca les amuse, et malheureusement c’est très souvent comme cela ici. En tous cas, je ne suis plus près de remonter dans la voiture d’un local un soir !

Du samedi 29 mars au Samedi 5 avril 2008 : 1 semaine de détente dans les lagons
Samedi matin , première journée complète à passer dans ce paysage de rêve. Au programme de la matinée, je pars en pirogue sur les Motus, nom polynésien donné aux petits îlots dans le lagon. La pirogue traverse des eaux d’une incroyable couleur turquoise, il doit y a voir à peine quelques mètres de fond et on voit très clairement les rochers et coraux. Les motus Fareone et Tiahura en face de Haapiti sont à la fois des plages de rêves et un aquarium géant remplie de raies et de poissons multicolores. Il suffit de marcher dans l’eau et de jeter quelques miettes de pain pour en avoir plein autour de soi.
Ces petites iles sont aussi le lieu de détente des mooréens qui viennent ici en famille passer le week-end autour d’un barbecue, tout comme de nombreux expatriés de France venus de l’ile de Tahiti.
Beau terrain de jeux pour les enfants polynésiens qui passent leur temps à jouer avec les raies et s’amuser dans les lagons.

L’eau est vraiment translucide et la faible profondeur invite à lézarder les pieds dans l’eau, rêvasser ou simplement profiter d’un bouquin sur la plage de sable blanc. Le rythme est volontairement à la détente, mais pour se donner quelques frissons, il y a une autre méthode locale. Les lagons de Polynésie ont une abondante faune aquatique, même si j’ai le sentiment que c’était plus joli à l’ile des Pins en Nouvelle-Calédonie.
On part en pirogue au milieu du lagon avant d’y jeter l’ancre. Un groupe de gracieuses raies repère notre arrivée et, aussi curieuses qu’intéressées, puisqu’elles viennent voir si on leur apporte quelque chose à manger. Je me retrouve a l’eau avec 5 raies me tournant autour, me grimpant sur le dos, aspirant mes mains pour attraper les quelques crevettes puisqu’elles n‘ont pas de dent. Belle séquence émotion, suivi par une séquence frisson puisque c’est au tour des requins de venir voir ce qu’il se passe. Alors que je suis dans l’eau, une dizaine de requins pointe noire viennent me tourner autour, avec leur petit 2 mètres de long. Sensation étrange car ils ne sont pas réputés pour être agressifs mais vu d’en dessous de l’eau, ils ont tout de même une bonne tête de requin !
Je ferais cette expérience avec les raies et les requins plusieurs fois dans la semaine. Je me sens bien à Mooréa et je décide de prolonger le séjour ici. Il y a certes d’autre lagons dans les autres îles de l’archipel mais mon temps est limité, et après plus de 3 semaines de voyage intense en Nouvelle-Zélande, j’ai envie de prendre un peu le temps de me poser et de préparer mes prochaines étapes du voyage.

Chaque soir, les couchers de soleil sont au rendez-vous, prenant à toujours une couleur différente jour après jour, et j’aurais même droit au superbe cercle de feu tombant dans la mer, spectacle que j’avais eu la chance de voir une fois à Bali. Le coucher de soleil est aussi l’heure à laquelle les requins viennent chasser, et il n’est pas rare de voir quelques ailerons dépasser à quelques mètres seulement du rivage, aux endroits même où durant la journée on se baigne tranquillement.

Le programme sera quasi identique chaque jour de cette semaine, variant les plages, prenant le temps d’échanger avec les autres voyageurs rencontrés ici, puisque la Polynésie est une étape de plus en plus fréquentée par les tour-du-mondistes, avant d’aller à l’ile de Pâques, une autre escale classique de la traversée du Pacifique.
Au fil de mes étapes de ce tour du monde, je me rend compte que les voyageurs au long-court forment une communauté particulière dont les liens se tissent très rapidement. On se rencontre, on échange très vite car on sait que le temps est compté dans le voyage de chacun. Cela donne un charme et une complicité particulière aux rencontres tantôt éphémères tantôt plus longues même si les routes finissent toujours par prendre des chemins différents.

Dimanche 6 avril 2008 : fin de l’étape en polynésie française
Les bonnes choses ont une fin, j’ai bien profité des lagons et du soleil de Mooréa et en ce dimanche matin, je vais une ultime fois me baigner dans les eaux chaudes lagon. Il y a des jours où il ne faut pas avoir de regret de partir et aujourd’hui le temps a décidé de m’aider à clôturer cette étape polynésienne. Beau temps le matin se couvrant progressivement apportant même quelques goutes de pluie juste au moment où je monte dans le bus qui m’emmène à l’aéroport de Mooréa. Petit aéroport ilien, où je monte dans un minuscule avion à hélice pour ce qui sera le vol le plus court de mon tour du monde. Seulement 7 minutes de vol, à peine le temps de monter au dessus du lagon et me revoici déjà de retour à l’aéroport de FAA’A sur l’ile de Tahiti, avec mon fidèle sac à dos dont je n’arrive toujours pas à alléger le poids.
Quelques heures d’attente avant de prendre mon vol de la compagnie chilien LAN prévu tard dans la nuit, et je retrouve dans l’aéroport 2 autres tour-du-mondistes, Julie et Nathalie, qui comme moi ont inscrit l’île de Pâques sur leur itinéraire.

Cette semaine sur l’ile de Mooréa aura été résolument placée sous le signe du repos et m’auront permis
d’apprécier :
- le soleil, les lagons, les paysages sauvages des montagnes
- les rencontres très sympa avec les voyageurs et les locaux
- la douceur de vivre des îles au son du yukulélé

malgré :
- le coût très élevé de la vie
- la difficile fiabilité des transports locaux
- les fous du volant le week-end

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